Max Cooper: Je voulais également un show qui traduise mon intérêt pour la science

Max Cooper est un dj et producteur originaire de Belfast. Il a enchaîné les EP’s depuis 2007 avant de sortir son premier album sur son label Fields en 2014. Également docteur en biologie et donc passionné par la science, Max Cooper est venu présenter son live « Émergence » dans la petite maison dans la prairie à Dour.


Salut Max, comment vas-tu ?

M (ax) C (ooper) : Très bien. J’ai beaucoup voyagé ces dernières semaines, cela fait du bien de rentrer à la maison et de refaire de la musique.

Etait-ce ta première fois à Dour ? Que penses-tu de ce festival ?

MC : Non, j’avais déjà joué il y a 3 ans et c’était déjà un live. J’adore ce festival, la programmation, les différentes scènes de styles différents et j’adore les gens ! C’est certainement l’une de mes meilleures dates de l’année !

Quels artistes du line-up aurais-tu voulus aller voir ? Quels sont les artistes que tu recommandes ?

MC : J’aurais voulu voir Autechre parce que je n’ai jamais eu l’occasion de les voir mais il jouait en même temps que moi malheureusement… J’ai eu de bons échos de leur live et j’imagine que cela doit être assez intense. J’avais vu Squarepusher la dernière fois que j’étais à Dour et c’était super sympa. Je recommande également Nils Frahm et Kiasmos que j’ai vus plusieurs fois.

La dernière fois que tu as joué ton live « Émergence » en Belgique c’était au Bozar Electronic à Bruxelles, les gens étaient assis, ce qui n’est pas vraiment le cas à Dour… J’imagine que du coup le live était un peu différent ?

MC : Exactement. Pour Dour, j’ai joué un peu plus rapidement. C’était un peu plus techno et plus dansant parce que je jouais à minuit et je sais que les gens veulent faire la fête. J’ai joué une version encore plus énergique du show.

Sur le site de Dour, ton style est défini comme de la minimal-techno, electro, house, glitch,… Qu’est-ce que tu en penses et comment définirais-tu ton style ?

MC : C’est amusant, je ne me sens pas spécialement comme faisant partie d’un style en particulier. J’appellerais mon style « electronica » parce que c’est le genre qui regroupe les artistes qui ne se reconnaissent pas dans un style en particulier. Quelque chose entre techno, electronica et post-classic ambiant.

Peux-tu nous parler un peu de « Emergence » le live que tu venais présenter à Dour ?

MC : J’ai toujours travaillé avec des artistes visuels. Je voulais faire un show avec des visuels mais différent des autres dans le sens où celui-ci raconte une histoire. Je voulais également un show qui traduise mon intérêt pour la science. C’est de là qu’est venue l’idée d’« Émergence » et des systèmes simples qui peuvent engendrer des effets magnifiques et complexes. Je voulais que mon live soit consacré à l’univers et à tout ce qui nous entoure, le monde dans lequel nous vivons, l’émergence des lois naturelles fondamentales, etc. C’est une sorte de ligne du temps de l’univers qui commence avant le big bang jusqu’au futur avec comme idée que chaque système émerge d’un système précédent.

Etait-ce important pour toi de combiner le son et les images ?

MC : Oui, on peut raconter l’histoire différemment en utilisant des images ou du son mais l’idée c’est qu’il y a une histoire derrière. Ce ne sont pas des images envoyées au hasard, chaque partie du show a une vraie signification scientifique mais les gens ne doivent pas forcément comprendre le concept scientifique pour profiter du show, ils peuvent aussi interpréter l’histoire à leur manière.

Ton live est donc centré autour de la science, au début la musique techno parlait beaucoup de technologie et du futur… Penses-tu que la musique techno et la technologie sont liées ?

MC : Oui absolument ! La technologie a fait avancer la musique techno et la musique électronique en général. La musique actuelle est associée à la technologie. Les avancées technologiques ont permis plus de possibilités sonores. Faire de la musique de cette façon il y a dix ans n’était pas possible car les ordinateurs n’étaient pas aussi puissants. Nous pouvons faire de la musique bien plus complexe et produire des sons que nous n’aurions jamais pu produire il y a plusieurs années.

En quoi cela a-t-il encore un sens de produire un album de musique électronique en 2015 ?

MC : Pour moi, cela a beaucoup plus de sens de produire un album. Simplement parce que cela donne plus de possibilités pour explorer un sujet, cela permet de raconter plus de choses. Les gens accordent plus d’importance aux albums car il y a énormément d’EP’s qui sortent chaque semaine. Si on veut être pris plus au sérieux et faire en sorte que les gens accordent plus de temps à notre travail, alors je pense qu’un album est plus intéressant. Pour les EP’s, les gens écoutent juste 10 secondes et décident s’ils aiment ou pas, alors que pour un album, ils t’accordent plus de temps.

Quelles sont tes influences en dehors de la musique électronique ?

MC : J’écoute beaucoup de musique post-classique, et aussi des mélanges de musique électronique et musique classique comme par exemple Max Richter, Steve Reich ou Philip Glass. Quand j’étais plus jeune, j’écoutais Pink Floyd et du rock shoegaze que je réécoute et redécouvre ces derniers temps. Mais j’ai depuis toujours été attiré par la musique électronique produite par des synthétiseurs.

Tu as commencé à faire de la musique très tôt en apprenant le violon, comment as-tu décidé de te lancer dans la musique électronique ?

MC : Le violon, j’en ai fait pendant quelques années mais je n’aimais pas trop (rires). Quand j’étais jeune, j’aimais la musique où il y avait des synthés comme New Order, Depeche Mode, Prodigy… J’ai ensuite commencé à sortir dans des clubs et voir des djs qui jouaient de la musique électronique et j’ai finalement décidé de faire de la musique moi-même. Je suis devenu obsédé par ça, passant des heures et des heures tous les jours à faire de la musique. À la base, c’était un hobby que j’avais tout en étudiant la biologie et finalement la musique a pris le dessus.

Tu es originaire de Belfast mais tu vis à Londres, est-ce une ville qui t’inspire ?

MC : J’ai d’abord quitté Belfast pour Nottingham parce qu’il y avait une scène drum n bass et hip hop très importante qui m’a beaucoup influencé. Londres est aussi une ville très inspirante, il s’y passe plein de choses. Mais je voyage beaucoup, donc je n’y passe pas énormément de temps, je passe sans doute plus de temps à Amsterdam ou Berlin. Il y a plein de styles différents à Londres parce qu’il y a plein de communautés différentes, les gens amènent leur propre style musical et c’est ça qui fait que la ville est géniale, c’est un mixte de plein de choses. Il n’y a pas une seule scène qui domine le reste, c’est ce que j’aime.

Quel est ton rêve pour l’avenir ?

MC : En ce moment, je suis en train de travailler sur mon prochain album, j’espère que les gens l’apprécieront. Mais mon rêve à plus long terme serait de développer davantage le show visuel, réaliser une totale immersion et pas seulement un écran où sont projetées des images. Je veux vraiment m’investir dans les arts visuels et réfléchir à une manière différente de présenter les arts visuels et la musique au public, comment faire interagir les gens avec la musique et avec l’art.

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